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mardi 18 mai 2010

compte de faits

et non pas

 

CONTE DE FEES

 

comme une lecture précipitée pourrait le laisser penser

 

Sujet : Les vacances d’un être vivant, au pays des Maures ou :

 

VOYAGE AU MAROC

 

Vous en avez rêvé ? Nous l’avons fait.

 

Les pros du blème ont l’insigne honneur de vous emmener dans un pays maghrébin du Nord africain.

 

Tout d’abord, nous nous adressons à ceux et celles qui aiment le Maroc : Ne vous y rendez pas. Gardez-en un bon souvenir.

 

Pour les autres, qui ne le supportez pas, allez-y ! Comme ça la question sera réglée une fois pour toutes.

 

Si vous n’avez que cinq jours, que vous choisissiez EASY-JET, que vous optiez pour le mois de janvier, vous partirez un mardi et vous irez à MARRAKECH.

 

Peu de villes au monde ont vu leur destin lié aussi étroitement à celui de leur propre pays au point de lui céder son nom. En clair, Marrakech, Maroc, Marocain, c’est kif kif. En arabe : ARNAKECH, obtenu par la contraction linguistique d’arnaque et de dèche. Mais au cours de votre séjour, vous aurez très vite l’occasion de saisir les subtilités de la langue arabe.

 

Malheureusement ce beau pays est malade. Pour connaître le bacille coupable, nous descendrons jusqu’aux entrailles de cette nation, au niveau du colon, puisque, faut-il le rappeler ? Le Maroc fut une colonie française, ceci expliquant peut-être cela. Donc cet agent pathogène, puisque c’est de cela dont il est question, dans sa forme la plus simple, se présente comme dans tous les pays du tiers monde : La mendicité.

Il se développe dans l’environnement qui lui est le plus propice, la pauvreté. Comme son nom l’indique, c’est en ville qu’il est le plus agressif, mais sa variante rurale est aussi très virulente. Pour le diagnostic, nous tenons à rassurer les candidats, vous échapperez au toucher rectal, puisque l’épidémie ne touche que les catégories de la population sans emploi ainsi que les pseudo professionnels du tourisme. Ce qui ne vous empêchera pas de la prendre bien profond très souvent, surtout dans les premiers jours. Le décor du drame kafkaïen que vous allez vivre étant posé, il n’y a plus qu’à emprunter ce long calvaire que sera devenu ce qui, à l’origine, devait être un court séjour d’agrément.

 

MARRAKECH – GENEVE, J – 5

 

Le vol censé durer 2 heures 40 prendra beaucoup plus de temps. En effet l’A318, après un trajet sans histoire, va tourner interminablement avant de se poser, c’est dire s’il a envie d’atterrir à cet endroit du globe. Finalement après avoir foulé le tarmac, vous devrez trouver un taxi. Ce premier contact avec la population, à travers le laïus du chauffeur qui se voudra rassurant, se soldera par une note à géométrie variable, puisqu’il vous en coûtera 200 dirhams à l’aller, alors que le montant du retour ne se montera qu’à 150. La différence tient à l’expérience que vous aurez acquise entre-temps, puisqu’au Maroc, les taximètres tels qu’on les connaît chez nous n’existent qu’au cinéma dans « un taxi pour Tobrouk » et encore, il paraît qu’il était trafiqué.

 

Vous aurez choisi un hôtel dans la Medina, suite de petites rues enchevêtrées qui permettent à peine à de petites charrettes tirées par des ânes de passer. Le taxi ne pouvant vous déposer qu’à l’entrée de ce labyrinthe, un jeune mendiant, transformé en guide urbain pour l’occasion, vous proposera de vous amener à votre hôtel. Bien entendu il n’a qu’un objectif, encaisser la contre partie de sa prestation, le fait qu’il vous promène vers une auberge qui n’est pas la bonne, mais qui a un nom ressemblant est tout à fait accessoire. D’ailleurs c’est peut-être le but recherché quelque part, puisque un autre gamin pourra vous prendre en charge jusqu’à la bonne destination, avant de vous ponctionner à nouveau de quelques pièces. A ce moment, vous avez passé moins d’une heure sur le sol marocain, et déjà le colon vous grattouille. 

En transposant la même scène en pleine saison touristique, on peut tout à fait imaginer des dizaines de vacanciers arpenter dans tous les sens ce dédale de rues interminables. Précédés par leur mendiant respectif, tirant leur valise à roulettes sur des pavés inégaux, zigzaguant entre les merdes de chiens et avalant des kilomètres avant d’atteindre leur objectif, nous pensons que les habitants du quartier doivent bien rire. D’où peut-être le nom de ces si jolies bâtisses, des riads.


Attelage marocain typique, dans la Medina, c'est le seul moyen de transport.

 anemedina

Après avoir pris vos quartiers, vous brûlerez d’envie de vous immerger enfin  dans ce bouillon de culture populaire, pour connaître toutes les formes que peut prendre la mendicité, car elle sont nombreuses, et le vaccin, on le cherche encore.

 

En route pour la place DJAMAÂ EL FNA : « - A vos souhaits ».

Elle mesure 150 mètres sur 100, ce sont les seuls chiffres que les autochtones ne vous contesteront pas, tous les autres, il faudra les négocier durant des heures, surtout ceux qui finissent par « dirham ».

De jour, on peut compter jusqu’à plus d’une centaine de personnes, agglutinées en grappes humaines, autour de divers centres d’intérêts tels que charmeurs de serpents, musiciens, magiciens, conteurs et autres sales timbanques du même acabit. Hormis les musiciens, ce sont les charmeurs de serpents qui font le plus de bruit, à croire que leurs reptiles sont sourds comme des pots. Si vous avez le malheur de vous en approcher, vous courez les plus grands risques. Non que leurs animaux soient particulièrement dangereux, mais plutôt parce que vous allez faire une nouvelle expérience qui risque de vous coûter cher, en plus des démangeaisons du côté de l’intestin grêle bien entendu. Ces charmeurs de serpents vont immédiatement provoquer une envie irrépressible de saisir votre appareil de photo. Le temps de le mettre en mode « serpent », que déjà votre prédateur vous a posé un de ses reptiles sur les épaules, sans que vous ne le vissiez venir. Bien entendu il est inoffensif (le serpent, bien sûr), mais quand le charmeur se saisi de votre Nikon, le temps de le mettre sur le mode « pigeon » et clic clac, bonjour l’arnaque. Ce bruit familier vous indique que le piège vient de se refermer et que du coup, en un 125ème de seconde, vous êtes devenu un de leur sponsor, sans avoir signé le moindre contrat. Nous pensons que c’est pour cela qu’il vous demande de sourire, malgré cette pressante envie, vous n’oserez même pas lui avouer qu’il vous fait chier. Surtout quand il annonce ses prétentions dont nous vous faisons grâce des justifications bidon qui le motivent sauf celle de vous faire avaler la couleuvre : 200 dirhams pour quelques clichés saisis avec votre appareil, dont vous êtes le sujet principal, à part ce ridicule orvet, qui ne se réveille que le temps d’une séance photo. ep-serpents

 

PETIT APARTÉ CHIFFRE

La parole est d’argent, mais le silence est d’or. Alors, parlons argent :

10 dirhams = 1 €, un Marocain déguisé en maçon, pour autant qu’il ait suffisamment de travail pour boucler un mois complet, gagne entre 1000 et 2000 dirhams  par mois. La fourchette s’explique par le fait d’être en ville ou à la campagne, la saison (à cause de la chaleur) et la nature du travail à effectuer. Dans cet ordre de grandeur, si on fait une projection de la somme demandée pour jouer le porte habit d’un animal à moitié empaillé, ce charlatan demande l’équivalent du tiers du salaire journalier d’un vrai travailleur qui bosse entre 8 et 9 heures, quelquefois  sous un soleil de plomb. Fin de l’aparté, fermez les sphincters.

 

Bien entendu vous ne paierez pas plus du dixième de la somme, ce qui reste énorme au vu du spectacle désolant auquel vous venez d’assister, à savoir celui d’un charmeur de touristes pour serpents amorphes. Parce que le plus fort, c’est qu’à part exciter un cobra pour l’obliger à gonfler son cou, ces frimeurs n’auront rien fait qui justifie quoi que ce soit. serpents3Il y a bien un joueur de flûte exalté qui émet une assourdissante musique de porte qui grince, mais elle est principalement destinée à vous attirer.

Le temps de ranger votre rouleau de papier WC et vous voilà reparti vers de nouvelles aventures.

Quelques dizaines de dirhams plus tard, vous tenterez de comprendre ce qui se passe dans un de ces typiques rassemblements de la place. Il ne vous faudra pas plus de trois secondes pour vous apercevoir que ce ne sont que quelques troubadours du désert qui accordent ce qui leur sert d’instrument et déjà un homme vous tape sur l’épaule en vous tendant  une écuelle pour chiens.

Quand vous n’aurez plus de monnaie, vous pourrez enfin passer à la phase suivante : dépenser des billets.


Pour cela vous choisirez la calèche, et là, on ne vous la fera pas. En effet vous aurez pris la peine, pendant que l’Airbus faisait des huit au dessus des taudis de la ville, de consulter le livre sur Marrakech que vous aurez acheté avant de partir. L’ouvrage sera infaillible et son contenu incontestable : un tour de une heure en calèche à travers la ville, ça coûte environ 100 dirhams. Nous ne savons pas dans quelle mesure un cocher marocain sait vraiment lire le français, mais visiblement, vous vous rendrez compte qu’à Marrakech, vous serez le seul à l’avoir achetée, cette bible du commerce inéquitable. Les prix démarrent très haut, au point que si vous acceptiez, vous pourriez très bien rentrer en Suisse en Calèche. Au bout d’un certain temps vos interlocuteurs, les pilotes de carrosses des mille et une nuits, alignés en rang d’oignons au bout de la place « Ali Baba et les 150 voleurs », vont se fatiguer et baisseront les sabres face à vos arguments littéraires. Finalement le plus érudit d’entre eux, acceptera ce que dit le livre et vous emmènera à travers sa ville pour un chiffre qui fera de vous le plus grand négociateur de l’hémisphère nord.

 

caleche

En route pour cette balade citadine des mille et une rues. caleche2-copie-1Vous traverserez les souks, longerez les remparts, passerez devant des jardins et des mosquées, vous pourrez même admirer des palais (Attention ne photographiez pas celui du roi, c’est formellement interdit, il paraît que le monarque est timide, particulièrement sévère et surtout encore vivant). Le conducteur traversera les quartiers typiques de Marrakech, empruntera la rue Mohammed VI (qu’Allah le protège d’une insurrection à la sauce tunisienne pendant mille générations), Mohammed V (son grand-père), Hassan II (son père) et Sidi Mimoune (sa petite sœur).


 caleche2

 

PETIT APARTE ARCHITECTURAL

Le centre de la ville est très beau par ses monuments, ses palmiers et tout ce petit monde qui grouille autour des vendeurs ambulants. Les couleurs vives des avenues parfumées par les jacarandas, les jasmins et les orangers, bordées par des bâtiments typiques, caractérisent cette ancienne capitale surnommée « la perle du sud ». Fin de l’aparté, fermez les égouts.

 

monument2

 

 

 

La balade d’une heure durera 50 minutes (à cause du taux de change probablement) et le charretier en prendra au moins dix devant un chantier pour rafistoler les rennes d’un de ses chevaux à l’aide du fil de fer providentiel qu’il aura trouvé par terre.

 

A votre descente de calèche, vous aurez encore le temps de vous étonner en voyant une ribambelle de chariots à bras, poussés péniblement par les cerbères de service vers le centre de la place. Vous distinguerez clairement les tonnes de tubulures qu’ils transportent, ce qui vous obligera à réfléchir à leur utilisation possible durant votre trajet de retour à l’hôtel. N’hésitez pas entre un Luna Park itinérant et une tour Eiffel démontable, c’est simplement le nouveau piège qui vous attend à l’heure du souper.

placemarakech

 

 

PETIT APARTE GASTRONOMIQUE : SHOW DEVANT

La cuisine marocaine est simple mais tout à fait mangeable. Elle se base sur les produits du terroir, ce qui englobe tous les légumes méditerranéens, aubergines, épinards, pois chiche, semoule, oignons, patates, olives, etc. La viande de bœuf ou d’agneau permet de compléter le plat local : La tagine. placejemaarestos1Un pot de terre cuite, comme une assiette creuse, dans lequel on y dispose les ingrédients que nous venons de citer et recouvert d’un couvercle en forme de chapeau touareg. On met le tout sur un brasier jusqu’à l’arrivée du prochain touriste.restoconstruction2 Fin de l’aparté, tirez la chasse d’eau et lavez-vous les mains.

 barraquements1

 

Si la nuit tombe plus tard que sous nos latitudes, une heure environ, c’est simplement pour permettre aux restaurateurs ambulants d’être prêts à temps pour votre entrée en scène. En sortant de votre quartier d’adoption, vous vous dirigerez immanquablement vers la place LABOUFSAIRA histoire de vous sustenter. La bouffe, nous l’avons dit, ça ira. Les prix, aussi incroyable que cela puisse paraître, idem. Cette fois, c’est la prise de contact et le choix du restaurateur qui va poser problème.

Pour comprendre le phénomène de concurrence dont vous allez être l’objet, il vous faut imaginer une centaine d’échoppes, apparues comme par enchantement au milieu de la place ABOUL L-EFRIC, pendant que vous étiez au hammam de votre hôtel. Elles forment des rectangles parfaits, séparés par de longues allées dans lesquelles le touriste va s’engouffrer comme un rat dans une souricière. Ces passages de moins de 5 mètres de large mesurent une trentaine de long. A première vue, vous trouverez tout ça très joli, et vous aurez raison. C’est quand vous en aurez choisi une, d’allée, et que vous vous y engagerez, que vous comprendrez votre douleur, c’est à dire comment ce piège alimentaire fonctionne.

Tous les stands proposent la même carte, des prix plus ou moins identiques et surtout la même technique commerciale. Aux cuisines, de jeunes marocains qui n’ont pas besoin de savoir le français, puisqu’ils n’ont aucun contact avec la clientèle. Dans la partie restaurant, le personnel parle un français compréhensible, surtout à l’heure du pourboire. Les serveurs se partagent un certain nombre de places. Et dans l’allée, l’acteur principal est armé d’une carte des menus qui peut se révéler très menaçante en cas d’hésitation. Dès que vous aurez franchi les limites de sa sphère d’influence, vous ne pourrez plus lui échapper. Il vous cassera tellement les pompes, que vous n’aurez qu’une envie, celle de vous asseoir pour le faire taire et reprendre vos esprits. A cette seconde, son complice, celui qui assure le sévice hôtelier, pose les couverts et débouche une bouteille d’eau, ce qui rend parfaitement illusoire l’idée d’aller dîner chez un concurrent. Bien entendu si vous êtes jeune, de bonne condition physique, si vous visez une place dans le Guiness book, si vous avez suivi un entrainement de para ou des forces spéciales, ou encore si vous avez engagé une doublure pour les scènes dangereuses, vous pourrez tenter de rejoindre le deuxième stand, sinon abandonnez, ils sont trop forts. Pour accoster le client les techniques sont diverses, nous vous en livrons deux, que du vécu, mais ne le répétez pas. L’humour : « - tu sais pourquoi Sarkozy est bronzé ? ». La sincérité : « - Je sais, nous sommes 65 à offrir les mêmes plats, mais si tu t’arrêtes chez moi, je te servirai comme un roi ».  

Vous mangerez bien et pas cher, mais choisissez un plat qui se vomit facilement, car pour sortir de cet enfer, vous devrez promettre à tous les concurrents de revenir le lendemain. Et le comble de l’ironie, c’est que ce sont eux qui veulent toujours « des gos billets », le monde à l’envers, quoi !

Cette journée s’achèvera ainsi, en rentrant vous croirez avoir vécu le pire, alors que c’était le meilleur. Ah oui, encore un détail, si Sarkozy est bronzé, c’est parce qu’il a Bruni.

 placejamaanuit

 

MARRAKECH – GENEVE, J – 4

 

Au matin vous réaliserez qu’un riad ne possède pas de fenêtres, puisqu’il est coincé au milieu de centaines d’habitations, et la seule vision de l’extérieur ne peut se faire que par le puits de lumière au centre de l’immeuble. Il fera sûrement beau, ce qui tombe bien puisque vous allez prendre possession de votre voiture de location. Après les formalités d’usage, le loueur vous précisera que le réservoir étant sur la réserve, il faut impérativement aller faire le plein. Ce dernier s’attend à ce que vous rendiez le véhicule aussi vide de carburant que possible. En une fraction de seconde, vous réaliserez que le deal ne peut que vous être défavorable, car si vous n’y parvenez pas, le surplus de benzine sera un gain supplémentaire pour lui. Donc nous résumons, vous n’avez pas encore posé vos fesses sur le siège conducteur et déjà vous sentez que ça râpe un peu au niveau de votre arrière train. Visiblement la nuit n’a pas permis à cette région du corps

de cicatriser. 

  voiturelocation

Heureusement, au volant de cette Renault de presque 100 chevaux, vous vous direz que vous allez tout oublier en quittant ce million de citadins qui n’en veulent qu’à votre argent.

 

Tout d’abord, il faudra vous arrêter au bord de la route pour régler le GPS qui vous permettra de vous passer de guide routier, parce qu’au Maroc, ça existe. Ils se déplacent en vélo et après 45 secondes d’arrêt, le premier fera probablement son apparition. Si vous avez eu le malheur de baisser votre vitre, c’est foutu. Soit vous lui filez une pièce pour qu’il vous lâche les baskets, sois vous choisissez l’amputation de quelques phalanges avec la vitre électrique (dans ce deuxième cas, n’oubliez pas, après coup, de vous débarrasser des extrémités compromettantes … à cause des empreintes digitales).

Avec le premier vous tenterez peut-être un dialogue. A cette occasion il ne manquera pas de vous signifier qu’il est guide, qu’il peut vous conduire n’importe où, grâce à son vélo. Si vous vous montrez plus précis, il vous indiquera qu’au prochain carrefour vous aurez la possibilité de tourner à deuxfemmesgauche, ou à droite, ou encore d’aller tout droit, bref que des conseils inutiles, même pour un aveugle. Enfin vous apprendrez qu’il a plein d’enfants à nourrir, que les roues de son vélo sont aussi voilées que ses deux épouses, etc. etc. Votre seule alternative consiste à choisir entre le recours à la police touristique ou lui filer de la thune.

 

Après cette petite distraction à deux dirhams, vous déciderez de poursuivre vos investigations topographiques en roulant. Qu’à cela ne tienne, le guide suivant vous abordera à une vitesse qui peut aller jusqu’à 20 km à l’heure, la distraction ainsi provoquée entrainera deux conséquences principales. Vous ne verrez pas le feu rouge que vous serez en train de griller, et la deuxième, découlant forcément de la première, l’entrée en scène d’un mendiant d’un genre tout à fait nouveau, le flic marocain. L’événement ne sera pas exceptionnel en soi, c’est simplement la rencontre d’un poulet et d’un pigeon, fut-il voyageur, qui est cocasse, puisque la discussion n’aura rien de volatile. Ce sera du lourd, car à ce niveau, la mendicité devient un art majeur

 

PETIT APARTE JUDICIAIRE

Au Maroc, vous aurez à faire principalement à trois corps de police. La municipale, la gendarmerie royale et la police touristique. Concernant ce dernier groupe, sa fonction paraît claire, du moins en théorie.

Dès qu'un individu importune des touristes ou se montre simplement trop collant, des agents en civil l'entraînent à l'écart. La police touristique de Marrakech, créée en 1994, compte une centaine d'agents en civil qui sillonnent la Médina. Leur mission : traquer les faux guides, vendeurs et mendiants qui harcèlent les étrangers, mais aussi lutter contre la délinquance, le trafic de drogues et les arnaques pratiquées par certains commerçants. Selon la chaîne de télévision marocaine 2M, le taux de criminalité touristique aurait été réduit de 95 % à Marrakech depuis la création de cette unité. La terre entière et même certains extra-terrestres se posent la question de savoir quel bordel ce serait, s’il n’y avait pas de police touristique. Fin de l’aparté. Fermez la boite de pandore.

 

Le keuf vous demandera vos papiers, autant de paperasse inutile qui n’a d’autre but que de mettre sous pression le conducteur fautif que vous serez devenu. Puis il va vous donner quelques exemples démontrant à quel point la loi a un sens au Maroc et dans quelle mesure elle participe à la sécurité routière. Les milliers d’usagers, tels que cyclistes, cyclomotoristes, et autres motards qui utilisent leur casque comme paniers à commission en zigzaguant dans la circulation chaotique de Marrakech, n’étant que des exceptions qui confirment la règle. De fait, l’infraction est sanctionnée à raison de 700 dh. Le temps d’ouvrir votre porte feuille pour y extraire les deux malheureux billets de 200 dh qu’il contient encore, et déjà le cœur du justicier commence à fondre. Dans un sursaut d’humanité, il consentira immédiatement à proposer un arrangement en diminuant le chiffre astronomique à 400dh. Il vous rendra vos papiers sans même les avoir consultés et pour ne pas vous faire perdre un temps précieux, il vous évitera de subir l’épreuve longue et fastidieuse de la rédaction d’un PV. Il glissera pudiquement les ronds dans sa poche et vous fera un signe condescendant pour vous inviter à circuler, puisqu’il n’y a rien à voir. Le temps de faire un saut à la pharmacie du coin en quête d’une boîte d’analgésique sous forme de suppositoires et vous voilà hors de l’agglomération.

 

En route pour la case grand sud, direction OUARZAZATTE, menu du jour : Maghreb de connards.

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Autant vous le dire tout de suite, Zazatte, vous ne la verrez pas. Elle est trop loin. De plus, vous serez privés de désert, puisqu’il débute à près de 600 km, sur ce point votre GPS sera formel. Alors vous vous contenterez du col mythique de TIZI-N-TICHKA, il culmine à 2230 m, ne présente rien de particulier pour un Suisse habitué à de telles altitudes, à part peut-être la présence de vendeurs au bord de la route qui proposent des colliers chinois aux mêmes prix que les joailliers de la place Vendôme à Paris. Les marocains n’ont pas leur pareil pour nous faire voyager.


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L’ascension vous aura au moins permis de prendre de la hauteur, très utile avant la plongée en apnée que vous aurez à faire pour aller manger le repas du soir à la place VACHIESALCON.  

Vous y serez obligé, vous avez promis. Vous vous direz que cette deuxième soirée au centre de la ville sera la dernière, c’est ce serment qui vous permettra de tenir le coup.

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MARRAKECH – GENEVE, J – 3

 

Vous commencerez à prendre vos marques, vous apprendrez à comprendre les indigents, vous parviendrez presque à maîtriser les indigènes. Tant mieux, car pour le troisième jour, ils vont vous servir du pigeon aux amendes. Le but de l’excursion se situe à l’ouest, sur la côte atlantique, au nord d’Agadir, nous avons nommé ESSAOURIA, est-ce que ça vous ira ? Pas sûr.

Les règles marocaines de la circulation n’ayant pratiquement plus aucun secret pour vous, les 150 km qui s’annoncent ne seront qu’un jeu d’enfant, au moins jusqu’à CHICHAOUA. En effet dès le premier giratoire de ce village pourri, vous repérerez le pandore de service au premier coup d’œil. Pas de problème, vous avez vos papiers en règle, vous n’avez pas dépassé la vitesse autorisée comme tous ces malades qui vous ont doublé jusqu’ici, vous avez pris la bretelle dans le bon sens à la sortie de la voie rapide, mais ce n’est pas pour la bretelle qu’on va vous arrêter, c’est pour la ceinture. Le flic n’a aucune hésitation. Un signe de la main, vous obtempérerez immédiatement. Pour suivre le cours du droit en vigueur, il faudra baisser la vitre. Ce qui va faciliter la consultation d’une foule de détails qui marquent la différence entre un flic honnête et un ripoux. Il vous donnera son nom, son adresse, son no de matricule, il traduira le pv dans un français tout à fait correct, il vous donnera un reçu et parviendra même à vous faire oublier que vous êtes dans un pays d’escrocs.

300 dirhams, merci m’sieur dam.

 

La suite n’est pas très intéressante, vous rejoindrez la plage, vous visiterez le bled, ah oui, peut-être un ou deux points risquent d’attirer votre attention. En arrivant, à l’entrée du village, le long de la route, vous remarquerez de jeunes adolescents agitant des clés comme le ferait un albatros pris dans une marée noire, tentant de s’envoler. Tout de suite vous penserez à des mendiants travestis en porte-clé pour vous extorquer quelques dh. Pas du tout, ils vous proposent simplement des chambres d’hôtes en langue des cygnes.essaouira

Ensuite vous découvrirez une alignée de petits baraquements proposant du poisson. Là encore, vous réaliserez que la technique du piège à rats, largement exploitée sur la place JENPEUPLU de Marrakech, s’exporte très facilement en province. Il faut simplement transformer la souricière en filet de pêcheur et transposer la souris en morue. filetmorueNous ne reviendrons pas sur l’enchaînement du processus qui va vous obliger à poser votre postérieur endolori par vos expériences touristiques sur un banc de bistrot improvisé. Le poisson grillé est bon, les fruits de mer aussi. Le personnel toujours aussi à chier. Les prix, eux, sont un peu plus salés, mais c’est normal au bord de la mer.oiseauxvol

 

Et le soir, la délivrance, car au retour, après avoir parqué la poubelle à 50 € par jour dans un parking pour la nuit, après une bonne douche pour vous soulager des frustrations qui sont devenues chroniques à la suite de l’hypertrophie de votre ego, après quelques soins destinés à résorber vos hémorroïdes consécutives au frottement avec une population que vous comprendrez de moins en moins, vous aurez droit au Casino. Vous pourrez enfiler toutes les pièces que vous voudrez dans une machine à sous qui ne vous réclamera jamais rien. Vous boirez le premier whisky de la semaine pour faire passer les litres de thé à la menthe qu’on aura réussi à vous faire ingurgiter jusque là. Et surtout, vous pourrez enfin croiser les regards de Marocaines obligées de faire des économies considérables sur le tissu de leur burka pour pouvoir se payer des cocktails à 100 dh le verre. La récompense suprême qui n’est qu’un avant goût de la soirée suivante. Allez, un dernier et au lit.


villagenuit

 

 

    

MARRAKECH – GENEVE, J – 2

 

Si vous avez des dispositions de cascadeur, c’est le moment d’assouvir votre passion en allant visiter la vallée de l’OURIKA.dromadaire C’est tout droit et puis au fond de la vallée à gauche. Vous serez accueillis par une multitude de guides de montagne qui vous proposeront une excursion aux cascades que vous ne verrez jamais. Vous refuserez simplement d’y aller, par esprit de contradiction, tellement ils sont casse-couilles. D’ailleurs vous n’êtes pas venu pour voir des cascades, mais tout bonnement pour passer quelques heures en voiture, seul havre de paix à l’abri de ces véritables berbères, car nous avons omis de vous le préciser, la vallée se situe en pleine région berbère. Néanmoins nous ne pouvons résister à la narration d’un dialogue qui laisse deviner les sentiments profonds du touriste excédé que vous deviendrez inexorablement, au fil des jours qui passent.villageoukira

 

Elle est tirée de l’ouvrage bien connu « Le Maroc pour les Nuls ».

Le pseudo guide : « - Tu vas où mon ami ? Aux cascades ? »

Le vrai touriste : « - Non je vais chez moi, tu sais où j’habite ? »

Le pseudo guide : « - Non »

Le vrai touriste : « - Alors tu ne me sers à rien »

De fait, sans vous en rendre compte, vous venez ainsi d’allumer un vrai berbère.

 

terrasseriviereAutre morceau choisi :

L’action se situe après une promenade le long de la rivière seul, sans guide. Je suis repéré par un type qui m’a harcelé durant toute la traversée du village sans parvenir à me faire craquer. Par contre, il a bien vu que je ne prenais pas le chemin de ses foutues cascades. Deux heures plus tard, je suis donc de retour. Il m’apostrophe pour la vingtième fois de la journée, avec l’accent aigu du berbère qui devient pour moi de plus en plus grave, (le berbère, pas l’accent, évid.) et puisque il est impossible de placer un circonflexe dans une phrase pareille, à part si j’ajoute une référence à la messe aux ânes, le dialogue s’engage.

Lui : « - Tu vas où mon ami ? Aux cascades ? »

Moi : « - Non je n’ai pas le temps, je dois rendre la voiture de location à 18.00, à propos, Marrakech, c’est à combien de temps d’ici ? »

Lui : « - Pour les cascades ça fait une heure, plus une heure pour Marrakech, ça fait deux heures en tout »

Incroyable mais vrai.

 maconoukira

maconoukira2maconoukira3Au retour vous vous arrêterez à RHMATE, puisque vous aurez calé votre planning sur le vendredi, jour de marché. Et dans ce genre de bled, le marché, c’est un vrai souk.

Les paysans berbères viennent se faire réparer leur ustensile domestique, couper les cheveux, arracher les dents, etc. etc. Ils sont là aussi pour y vendre leur produit agricole, acheter tout ce qui leur est utile pour subsister dans leur vétuste demeure, ou encore ferrer leur âne, mais surtout flairer le gibier qui rapporte. Celui qui vient d’Europe est le plus prisé.

 

Pour y entrer, il faut impérativement un guide-interprète car le berbère ne peut répondre en français, uniquement en berbère, si possible à son épouse. D’où l’expression bien connue de la réponse du berbère à la berbère. Donc le guide aura aussi la fonction d’interprète, ce qui augmente son prix. Ne vous imaginez pas que vous pourrez en faire l’économie.

 

Premièrement vous ne trouveriez jamais la sortie pour la bonne raison qu’il n’y en a pas. Au début vous ne vous apercevrez de rien, mais après quelques heures, vous seriez obligé de vous rendre à l’évidence en avouant que vous êtes perdu.soukgrains

Quand vous aurez passé une dizaine de fois devant le stand d’un boucher qui vous aura proposé ses côtelettes à chaque passage et que vous aurez refusé à cause des mouches. Que celui des épices vous aura fait tellement éternuer que vous n’oserez même plus toucher au Nikon pendu à votre cou, tellement il colle. Que le vendeur de soukepicespoulets vous aura volé dans les plumes. Que vous vous serez crêpé le chignon avec le coiffeur pour chèvres. Vous craquerez, nous pouvons vous l’assurer.

Bon d’accord en cas de décompensation persécutoire, il resterait toujours le guérisseur avec ses herbes magiques, pour autant qu’il ne confonde votre psychose avec une rage de dent, parce que sinon, il risque bien de vous recommander à son copain dentiste, celui qui ferre les ânes entre deux consultations.

Non prenez un guide, si vous avez un peu de chance, vous tomberez sur notre ami Ali gn-lespezet, il est très bien. Tout d’abord, dès qu’il aura compris que vous êtes Suisse, il vous fera croire qu’il connaît un ami résidant à Neuchâtel, ce qui vous mettra en confiance et lui permettra d’étaler sa culture générale, c’est à dire élever le cours de son assistance. Puis si vous êtes gentil, il vous conduira tout droit chez son pote, le vendeur de vaseline, vous en aurez besoin au terme de cette escapade bucolique. Après une petite arabesque avec le vendeur de tagine, ce dernier vous proposera d’échanger 1 € contre l’équivalent en dirhams. Vous   comprendrez très vite qu’une touriste allemande   n’avait que cettepièce souklégumes2pour le récompenser de s’être laissé prendre en photo. Malheureusement il n’y a pas de banque dans son village et il a besoin de vous pour effectuer le change. Ce qui ne l’empêchera nullement de vous demander quelques pièces quand vous le photographierez.

 

soukmecanicien

Mécanicien de précision (très habile le mec)

 

 

 

boucherechoppe

Boucher berbère songeur devant l'épineuse question de la chaîne du froid.

 

 

 

 

 

 

 

 

PETIT APARTE COPYRIGHT PHOTOGRAPHIQUE

Le Marocain, malgré la simplicité de ses raisonnements, a un sens inné du droit à l’image. Il sait pertinemment que chaque cliché l’immortalisant dans une situation quelconque, lui donne le droit de percevoir des royalties payées rubis sur l’ongle. Bien entendu, il préférerait des rubis, mais il se contente souvent que quelques dirhams. Les esprits mal intentionnés pourraient en déduire, dans une logique d’économies faciles à réaliser, que la seule posture qui est gratuite est celle du sommeil. En effet un être humain normal n’est pas en mesure de prendre conscience du fait qu’on le photographie, surtout s’il a dépassé le stade du sommeil paradoxal, à plus forte raison celui du sommeil profond. Que nenni, le Marocain n’est pas un être humain normal. Il défie les lois commerciales les plus élémentaires.

Nous en voulons pour preuve, cette expérience menée par le professeur Tudor, de l’académie des sciences soporifiques de Tanger. Il est parvenu, dans un silence monacal, au souk de Marrakech, à réveiller un vendeur de tapis uniquement grâce à un Nikon D3100 de dernière génération en déclenchant l’obturateur à 1/1600 ème.

Par ailleurs un généticien bien connu de Casablanca, a réussi à isoler le gène qui permet au Marocain de se réveiller dès qu’un touriste de la zone Euro entre dans un rayon de 10 mètres, alors qu’à l’inverse, un clandestin Sénégalais, en route pour l’eldorado européen, peut passer en lui piétinant le bide, sans provoquer la moindre réaction de la part du Marrakchis.

Enfin, une sommité de la paléontologie marocaine a découvert récemment des scènes primitives qui laissent pantois. En effet, les grottes de l’atlas méridional, ont livré un secret de taille, les dessins préhistoriques sont tous accompagnés d’un chiffre suivi des formes caractéristiques de la monnaie de l’époque, des rectums de mammouths de couleur rouge sang. Il en a déduit que non seulement le Marocain de cette époque reculée vendait déjà ses droits de reproduction, fussent-t-ils rupestres, mais qu’en plus, les mammouths en avaient déjà plein le cul de ces arnaqueurs.

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Epicier en colère car à cause d'un téléobjecif de 300 mm, il ne touchera pas les royalties tant convoités

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La dernière péripétie de la journée est digne d’une scène de la bande à Bonnot quittant la banque qu’elle vient de dévaliser. Durant toute la traversée du souk, votre guide-interprète, par des propos mesurés, sera parvenu à pondérer les crises de fièvre mercantile qui peuvent se déclarer à chaque instant chez un marchand. Par contre, à l’extérieur du périmètre, vous ne jouirez plus d’aucune immunité. Votre allié le restera jusqu’au paiement de sa récompense, mais ne pourra pas maîtriser à lui seul, la horde de vendeurs à la sauvette qui vous harcèlera. Surtout ceux qui n’auront pas atteint le chiffre d’affaires escompté durant la journée.soukpaille

 

 

Paysan berbère sur la paille

 

 

 

La distance entre la sortie du marché et votre voiture sera déterminante. Si par miracle vous arrivez à vous en tirer, c’est parce que vous aurez réussi à jeter par la fenêtre une roue de secours ou un cric sur la place, pour faire diversion dans un concert de klaxon et de crissements de pneus assourdissants. Pour Marrakech c’est tout droit.

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Soirée feutrée dans un décor de rêve qui respire le luxe, la volupté, des marocains tirés à quatre épingles, du fric gagné facilement sur le dos d’une population pauvre et démunie, au cours du jour le whisky coûte 12.456 Francs suisses, vous hésiterez entre le dancing, le restaurant italien et le casino de l’hôtel, c’est le MAMOUNIA. Catherine Deneuve y vient régulièrement avec Laeticia Casta, le Maroc n’est qu’un lointain souvenir, enfin un réel sentiment de bien être, s’il n’y avait pas ce gargouillement du duodénum, ce serait parfait.

 

 

MARRAKECH – GENEVE, J – 1

 

C’est bientôt la fin, plus qu’un jour à passer dans cet enfer, le plus dur est fait, autant d’idées qui vous aideront à tenir jusqu’au décollage. L’alignée de bâtonnets qui maculent le mur de votre chambre d’hôtel vous rappelleront immanquablement que vous n’êtes pas le premier à subir les foudres du dieu « vacances au Maroc ». Tels des prisonniers dans leur cachot, d’autres avant vous ont peut-être commencé à compter les heures à J-3 ou J-4, vous êtes devenus l’otage d’un horaire d’EasyJet. La seule pensée de la grisaille qui vous attend à l’atterrissage, du boulot que vous reprendrez péniblement, des factures en souffrance, du froid, bref du marasme habituel qui vous oblige à partir en vacances dans le tiers monde une fois par année vous donne la pêche pour aborder une nouvelle journée. Mais ne vous réjouissez pas trop vite, surtout si vous avez décidé de partir à l’est. Redoutez-là plutôt, cette nouvelle journée, sinon vous serez surpris.

 bergeroukira

Pour cette dernière escapade, vous aurez choisi les cascades d’OUSSOUD. Déjà dans les embouteillages de Marrakech, vous espérerez secrètement ne pas le croiser, Oussoud, parce que si les cascades sont réellement à lui, ça risque de coûter bonbon, rien que de prononcer le nom déclenche un tiroir caisse imaginaire.

Une arrivée discrète ponctuera un voyage sans histoires. Enfin, entendons-nous bien, au Maroc, une arrivée discrète se caractérise par la marée d’une petite centaine de guides, avides de fric facile, qui fond sur vous, c’est tout. Si on soustrait les plus vieux qui se font piétiner dans la cohue, il en reste à peine cinquante, trois fois rien. Quand vous aurez retranché les plus faibles du lot, parce qu’ils n’auront rien mangé depuis leur dernier touriste, qui n’arriveront même pas jusqu’à la voiture, il en restera quoi, allez une dizaine, c’est notre dernier chiffre.

 

Le plus rapide arrivera à la voiture alors que le moteur tourne encore. Il faut immédiatement ouvrir la portière pour que le contact commercial puisse s’établir, sinon il commence à rayer les vitres avec les dents, car elles sont très longues chez certains, après, c’est difficile de conduire la nuit, surtout passé la cinquantaine.

Il vous demandera assurément si vous voulez aller voir la cascade, mais plutôt que de lui répondre, vous poserez la question de savoir si le terrain vague sur lequel vous avez parqué la bagnole est payant.

 

PETIT APARTE CONCERNANT LE PARCAGE DES AUTOS

Au Maroc, dès que vous vous engagez sur une place de parc, un mendiant surgit du néant et vous guide dans une manœuvre qui ne pose aucun problème particulier. Par contre, le fait de s’approcher du véhicule et de vous faire des signes, lui donne ipso facto des droits sur la dite place, sur la voiture qui l’occupe et surtout sur la personne qui la conduit, puisque pour le Marocain, un parcage n’est rien d’autre qu’une reconnaissance de dette tacite. Vous ne repartez pas sans lâcher votre obole. Dans sa version la plus solennelle, il a pris la peine de revêtir l’accoutrement fluorescent du gilet de sécurité, ce qui lui confère un caractère très officiel. A l’inverse, une extrapolation moins sérieuse, ajoute au personnage une note pour le moins folklorique. Exemple : vous parquez dans un endroit touristique. A l’heure du départ vous sortez de votre place de parc et une personne vient vous soutirer quelques dh. Il buvait tout simplement un verre à la terrasse et vous a vu partir. C’est tout. Bien entendu il prétend avoir gardé la voiture en votre absence, allégations aussi fallacieuses que fantaisistes, mais au Maroc, vous n’êtes qu’une tirelire ambulante, ni plus ni moins. Fin de l’aparté. Serrez les fesses, on respire par le nez.

 

En l’occurrence le guide potentiel vous assurera que le parking est gratuit, réponse prévisible car il nourrit le secret espoir de vous emmener aux fameuses cascades. A ce stade de la partie, vous devrez d’une part le dévisager de la tête aux pieds et lui poser la question qui tue : est ce qu’il est un guide de montagne professionnel. Bien sûr sa réponse étant si prévisible, qu’il est inutile de la mentionner. Mais puisque vous êtes futé comme un bison du même nom, vous vous rendrez immédiatement compte que ses tongs vont le trahir et qu’il sera fait comme un rat. Bon sang mais c’est bien sûr ! Un charlot de plus. Au terme de vos courtes vacances vous en aurez compté des centaines de milliers, ça fait pas mal au km carré tout de même. Surtout qu’il estime le temps de l’excursion à une heure et demi, ce qui est beaucoup trop long pour votre timing.


chutesoussoud

 

Chemin de haute montagne

 

 

 

Etant bon joueur et parce que le temps vous est compté (car c’est le jour réel de la restitution de la voiture de location), vous choisirez un jeune ado qui a une bouille sympa. Vous l’appellerez Ismaël parce qu’il s’appelle Ismaël. Vous lui donnerez 45 secondes pour baisser sa rétribution de 200 à 100 dh et 10 de plus pour ramener la durée de la boucle à 40 minutes. Ce qui vous permettra de discuter avec lui durant tout le trajet. C’est en devisant gaillardement sur le chemin que vous apprendrez plein de trucs sur le coin et sur sa famille. Il touchera finalement 120 dh au titre de personne la plus sympa de tout le continent africain.chutesoussoud2

 

Cascades d'Oussoud, Oussoud étant un lieu dit et non le patronyme d'un berbère

 

 

 

Le soleil aura déjà commencé à décliner quand vous vous souviendrez que votre loueur de voiture vous attend pour la fin de la journée devant un McDonald du centre ville, un endroit dont vous ignorez tout. Il vous faudra rentrer fissa sur Marrakech.

Sur la route vous croiserez des piétons comme il y en a des milliers au Maroc.

 

 

 

 

ENCORE UN PETIT APARTE, POUR LA ROUTE

Dans le pays, beaucoup de ses habitants se déplacent à pied le long de la route. A certaines heures de la journée, qui correspondent souvent, aux sorties des classes, on peut remarquer des dizaines de gosses qui parcourent parfois des distances considérables. Bien entendu ce ne sont que pures conjectures, puisque Allah seul sait où ils habitent. Mais au vu de l’emplacement des collèges en question, la rase campagne, et la distance qui les sépare des premières habitations, à notre avis, ils doivent se coltiner pas mal de bornes par jour.

En plus, des marcheurs solitaires qui débouchent souvent de nulle part, il y a aussi, en fin d’après midi, des groupes de femmes qui portent d’énormes fardeaux sur la tête. A première vue, il s’agit de petit bois destiné à allumer le feu pour faire cuire leur maigre pitance dans l’âtre familial et nourrir le chef de famille quand il a fini sa sieste quotidienne. Toujours est-il que la scène est fréquente. Ne vous avisez pas de tenter d’immortaliser la scène sur les capteurs de votre appareil numérique, parce que vous risquez de retarder le gueuleton du nabab.ecolieresroute

 

Séquences « émotions » :

 

Un jour, en fin d’après midi, le soleil darde encore des rayons suffisamment lumineux pour faire une photo dans des tons assez chauds. Vous dépassez un petit garçon de quatre ou cinq ans, avec sur la tête, ce ridicule couvre chef constitué de brindilles, de la grosseur d’un ballon de basket. Vous freinez, quand le véhicule est rangé sur le côté de la chaussée, vous n’avez pas le temps de saisir votre engin pour immortalisera cette image parfaite, que le garnement aura laissé tomber sa charge. Dans votre viseur vous aurez à peine le temps de distinguer un marathonien dans sa version bonzaï, cavaler dans votre direction, dans le pur style des coureurs de fonds marocains. Inutile de préciser que la photo, on oublie, il n’y a plus rien à faire à part se barrer en vitesse.

 

Mais il y a pire.

 

La scène se passe au milieu de rien du tout. Au bord de la route, cette fois, vous distinguez un groupe de femmes, de jeune filles et de gamines, toujours avec ce chignon pathétique fait de branchage, qui marchent péniblement en sens inverse, dans un alignement qui fait penser à une chenille du désert. Vous roulez à 90 km/h environ. La plus hardie, une dizaine d’années, s’écarte du groupe vers le milieu de la chaussée. Evidemment vous ralentissez, ce qui donne encore plus de courage à la petite. C’est d’ailleurs certainement pour ça qu’elle a mis une flambante robe rose fluo tirée de sa collection « Lady Gaga », pour être vue. En deux temps trois mouvements elle est carrément au milieu de la route et vous êtes presque à l’arrêt. A cet instant la chenille se métamorphose en pieuvre et voilà qu’une quinzaine de mains sont déjà en train de s’agiter dans l’habitacle. Autant de tentacules qui vous rappellent qu’au Maroc, les techniques de racket féminin, n’ont rien à envier à celles de leurs homologues mâles. Fin de l’aparté. On peut desserrer le frein à main.

 

Votre dernière arrivée à Marrakech, le samedi soir où tous les Marrakchis ont décidé de sortir en voiture, vous pourrez l’inscrire dans les annales. En fait toute la soirée sera très « anale ». Premièrement votre GPS va s’affoler car le Macdo ne lui suffit pas comme paramètre. Lui, ce qu’il veut, c’est un no de rue que vous ignorez, alors il vous lâche. Ensuite tous les flics sont de sortie, comme si c’était Mohammed VI qui rentrait de vacances. Enfin la nuit tombe et vous serez fatigué. Au dix huitième giratoire les flics prendront l’initiative de vous arrêter  pour des questions de priorité de droite à certains giratoires, plus loin, simplement pour des feux que vous passerez au jaune.

A ce moment précis, votre seule chance de leur prouver que vous avez tiré la substantifique moelle des expériences douloureuses de la semaine, sera de faire face. Inutile d’entrer dans le contenu car c’est la forme qui compte.

L’agent, vous allez le toiser avec ce regard d’acier qui vous va si bien. Si vous avez des yeux verts, tant mieux, ils paraîtront d’autant plus menaçants, une fois injectés de sang. La voix grave, c’est important la voix, il faudra lui donner une intonation caverneuse, comme celle d’Ali Baba et les 1500 voleurs. Pour l’écume au coin des lèvres, attendez un peu, ce serait dommage qu’il appelle l’hôpital avant la fin de votre deuxième phrase. Vous devrez impérativement avoir une attitude véhémente, déterminée, offensive. Comme dirait Goscigny, « Il faut savoir parler sèchement à un Numide ».

Vos propos doivent lui faire comprendre que les hypothétiques infractions qu’il vous reproche sont cousues de fil blanc, mais que vous allez en découdre. Quand il vous rendra vos papiers sans rien demander en contrepartie, vous aurez gagné. Il aura certainement compris que cette fois vous auriez été jusqu’au bout de l’échelle hiérarchique de la brigade touristique, même s’il fallait réveiller le consul de votre gouvernement pour cela. A ce moment vous vous dites que ce n’est pas sur ce gendarme de pacotille, fusse-t-il royal, que vous avez remporté la victoire de votre croisade touristique, c’est sur vous même. Ce qui va certainement réjouir votre psychiatre quand vous lui raconterez vos vacances.

 

Vous repartirez de ce putain de giratoire complètement transformé, comme par enchantement vous trouverez le macdo du premier coup et quand le loueur repartira avec la tire, vous oublierez même que l’indicateur de carburant oscille dans la deuxième partie de son cadran.

 

Inutile de s’appesantir sur la suite, rentrée à l’hôtel, les valises, le casino, le dernier verre  du Mamounia. Ah si, nous allions oublier, le repas dans un restaurant Marocain qui a tellement d’étoiles qu’on se croirait sur un terrain de foot valaisan. Une sorte de caverne d’Ali baba sans les voleurs, enfin jusqu’à l’apparition miraculeuse de l’addition. Les plats sont exquis, le service parfait, la musique envoutante, le pinard divin et les ventres, très plats. Surtout ceux des danseuses. Pour le dernier soir, vous aurez choisi d’aller manger chez Razade. Mais c’est bien connu, si demain on razade gratuit, aujourd’hui ça coûte bonbon puisque vous êtes dans son palais, celui du Chahramane :

 

  "Situé en plein cœur de la Medina, à 5 min de la spectaculaire place Jamaa El Fna, à proximité des monuments palais Bahia, palais Badii et Dar Sidi Said. Le restraurant du Palais Chahramane vous propose un palais mauresque avec toute ................"

 

 

Ce n’est pas nous qui le disons, c’est leur site internet :http://www.palaischahramane.com/

 

MARRAKECH – GENEVE,  JOUR J

 

Le lendemain c’est le grand jour, celui du départ. Taxi, enregistrement, douane, embarquement, décollage, bref le train train pour ceux qui voyagent en avion. Pour les autres, ils remarqueront certainement qu’au départ de Marrakech, à la douane, l’endoscopie est obligatoire, des fois qu’à la fin du système intestinal, un bon souvenir de vacances aurait été se loger par erreur entre deux arnaques et le shop de l’aéroport, seul magasin à Marrakech capable d’annoncer le prix des articles avant le passage à la caisse. Nous vous conseillerons donc d'acheter vos souvenirs de vacances dans la boutique en question.

 

 

ENCORE UN APARTE DEMOGRAPHIQUE POUR FINIR

Aux dernières estimations et contrairement à certaines rumeurs selon lesquelles Ali Baba ne serait accompagné que de 15 000 voleurs, en nous basant sur des sources sûres, confortées par les chiffres de l’ONU (Organisation des Nations Unies) et de l’OQU (Mouvement d’opposition qui l’a souvent dans le baba), en additionnant les guides, les interprètes, les chauffeurs de taxi, les complices, les receleurs et les suspects, en 2010, le pays comptabilisait 31'213'533 habitants, sans compter Ali Baba lui-même. De plus il n'y a pas de bidonvilles au Maroc, tout un programme:


panneaubidonville

   Il n'y a que de beaux paysages:


paysage1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

paysage3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

paysage2Certains sont très travailleurs:

 

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Et d'autres plutôt sympas:

  marchandsympa

 

 

marchandcolNéanmoins, selon la formule consacrée :

Toute ressemblance ou similitude avec une situation existante ou ayant existé ne pourra en aucun cas être considérée comme étant fortuite ou involontaire.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES PRODUBLEME

 

 

LE COURRIER DU LECTEUR

 

 

                                                                        Maroc, le 3 février 2011

 

M, M, les pros du blème,

Je ne sais pas de quels blèmes vous êtes les pros, car à lire votre texte consternant, je dirai que vous êtes le problème. En effet vos métaphores digestives plus que douteuses, au détriment d’un peuple que visiblement vous ne connaissez pas, font de vous de piètres auteurs. Si je prends la peine de vous écrire, puisque dans votre diatribe, vous me considérez implicitement comme un  bouc émissaire, c’est uniquement pour défendre mes compatriotes qui vivent dans des conditions dont vous ignorez tout.

Tout d’abord, et là je m’adresse à la population occidentale en général, que vous tentez maladroitement de défendre, sachez que personne ne vous a demandé d’y venir, sur le continent africain, bande d’incontinents. La population aurait été reconnaissante si vous n’aviez pas eu cette idée stupide et prétentieuse de nous « instruire ».

Premièrement, vous nous avez bâillonné, pour nous empêcher de répondre à vos arguments évangéliques censés nous « christianiser ».

Ensuite vous nous avez enchaîné sur vos bateaux pour nous exploiter dans vos plantations de coton tige. Ce qui ne vous a pas empêché de rester sourds à nos plaintes.

Puis vous nous avez mis à genou en nous spoliant par une colonisation sauvage et absurde destinée avant tout à voler nos matières premières. Et tout ça pourquoi ? Pour garantir votre bien être, votre confort, votre sentiment de sécurité et de supériorité.

Enfin vous nous avez assis dans la démocratie en nous offrant la liberté sous sa forme la plus abjecte, par l’instrumentalisation de dictatures qui n’avaient d’autre objectif que de sauvegarder vos intérêts géostratégiques. Autant de tyrans qui, grâce à leurs mandats de plusieurs dizaines d’années, ont réussi à remplir vos coffres sur le dos de leur population respective. Oui je sais, la pudeur et le besoin de virginité de certaines de vos banques, pousse quelquefois ces dernières, à geler les avoirs les plus ostentatoires. Mais ce n’est souvent que partie remise,  puisque les capitaux en question sont libérés pour leur successeur qui à chaque fois sont pires.

Enfin vous vous êtes vautrés  dans nos contrées les plus attrayantes par un tourisme débridé en balançant vos Eurodollars n’importe comment et à n’importe qui, simplement pour étaler vos richesses.

Et maintenant vous venez pleurer misère sur un ton de vierge effarouchée, pour une poignée de dirhams ?

Sachez tout de même que le continent se réveille, il se relève et une fois debout, il parviendra peut-être à vous faire comprendre ce que vous êtes dans la réalité : angoissés et fragiles. Il vous en faudra, des cachets de prozac pour vous faire oublier la Tunisie, l’Egypte, plus ceux qui suivront et votre logorrhée intestinale n’y changera rien.

Jamais vous n’inspirerez, par vos démonstrations lapidaires et subjectives, en forme de prose laxative, forcées par un trait sarcastique des plus affligeant, la moindre compassion de ma part.

Sur ce, M, M, les pros du blème, votre texte, vous savez pertinemment où vous pouvez vous le mettre, puisque vous semblez obsédés par une fixation de type scatologique.

 

Bien à vous,                                                                         Ali BABA

 

 

Dont acte

 

Pour terminer, un petit Lavillier de circonstance:     cliquer

 

 

 

 

Ndlr : Si comme notre détracteur Ali Baba, vous avez envie de réagir, n’hésitez pas, sentez-vous libre de consulter notre BLOG D’EMPLOI, contenu dans le dernier billet.

 

samedi 24 mai 2008

HALLOWENN mythe ou réalité ?





Mais que font tous ces barges de Beverly hills au mois d'octobre ? Ils préparent la fête d'Halloween.

Ne pas confondre avec Allo gouine, signe de reconnaissance téléphonique pratiqué dans les circuits de la lesbians connection. Pour ceux qui ont de la peine avec le calendrier grégorien, la teuf en question se situe à mi-chemin entre nos deux noëls planétaires qui se différencient par l’entrée en scène des pères noëls respectifs. Si le deuxième a décidé d’arriver chez les gens sur un traîneau en passant par la cheminée et laissant son attelage dans le jardin, le premier, lui, entre par la fenêtre, sans même l’ouvrir. Il est vrai que c’est très difficile d’ouvrir une fenêtre quand on est dans un Boeing 747 en pleine vitesse. Pour notre part nous le trouvons prétentieux, parce qu'il se la pète quoi ! surtout s’il a une ceinture d’explosifs autour de la taille. Tout ça pour être accueillis par 70 vierges livrées directement par Mohamed. Il est vrai que sur terre, le dernier pucelage a démarré les enchères sur EBay à un million de dollars.

Et bien Halloween se passe en automne, après le 11 septembre et avant le 24 décembre, on a remplacé le père noël par une citrouille, c’est moins explosif. Il y a fort longtemps paraît-il, des Vikings ont débarqué par hasard en Amérique du nord en sortant du bistrot. Incroyable au point que  nous devons narrer le récit des origines. C’est l’histoire d’une banale soirée trop arrosée.  Elle se déroule dans le nord, une poignée de vikings passe la soirée à boire et à rigoler en évoquant les carnages d’antan, quand ils terrorisaient des populations paniquées obligées de se replier dans les dépôts d'IKEA. Ils devisent gaillardement ainsi toute la soirée, mais quand on sait que la nuit nordique dure 6 mois, on imagine facilement leur niveau d’alcoolémie qui devait allègrement atteindre le palier de 7 sur l’échelle de Gainsbar qui n’en compte que 5.

En sortant, au moment des aurores boréales, qu’ils n’ont d'ailleurs même pas remarquées, le plus vaillant propose d’aller boire un verre en face. Le problème, c’est qu’en face pour y parvenir, il faut braver tous les dangers de l’Atlantique nord et que ça donne soif. Aussitôt dit, aussitôt fête. Le premier drakkar qu’ils réquisitionnent, sans même connaître le propriétaire, est plein de citrouilles, qu’importe la citrouille se vomit très facilement et cela vaut mieux, dans des creux de 10 mètres.

Durant le voyage, ils trouvent encore le temps de faire des bricolages pour s’occuper. Un de ces légumes, une fois évidé, convient parfaitement pour boire de la bière tiède. Il y en a même un qui se la met sur la tête et tout le monde trouve ça très drôle. Ca pourrait très bien mettre une sacrée ambiance dans le bistrot. Ce que nos amis ignorent, c’est qu’en Amérique, l’alcool n’a pas encore été inventé, de toute manière si cela avait été le cas, il serait prohibé, ce qui revient presque au même.

L’arrivée de nos lascars sur la terre ferme du nouveau monde est encore inscrite au musée d’Oslo à la rubrique « faits d’hiver ». Les sauvages les ont pris pour des demi-dieux et ont gardé les citrouilles comme objets de culte. Actuellement ils s’en servent encore pour décorer la maison que la banque viendra saisir avant le prochain ouragan.

Comme d’habitude, dès que
 les Américains ont une stupidité à exporter, ils nous l’envoient,  hormis, bien entendu, la guerre et Madonna, ce qui est toujours mieux que rien.
Ici, sur le vieux continent, la citrouille n’offre strictement aucun intérêt sauf bien entendu à l’époque d’Halloween et c’est là que cela devient intéressant, car à part quelques Français moyens qui s’en servent comme lampion avec une ficelle et leur baguette de pain - ils leur reste même une main de libre pour jouer de la trompette avec leur litron de rouge -  donc à part eux, il n’y a personne qui ne semble prêter attention à ce légume.

Et bien détrompez-vous,
 très récemment des chercheurs ont abouti à d’étranges découvertes. Par exemple un professeur d’histoire, en cherchant dans ses livres, a bien lu que de mythiques princesses s’étaient déjà fait piéger par ce tour de passe passe d’on ne sait quel dieu, sous prétexte qu'elles n'étaient pas parvenues à rentrer avant minuit. Il faut dire que ces charmantes créatures n'ont pas leur pareil pour arriver en retard, la circulation, un coiffeur trop lent, la queue au supermarché, l'aiguille des heures qui ne tricote que des mailles à l'envers, etc, etc.
Le savant a même réussi à prendre en photo le moment de la mutation. La transformation d’un carrosse en citrouille passe par une phase délicate de transition entre la lignine et la cellulose que ce scientifique a pu immortaliser dans son jardin de Marseille.



De plus, un de ses confrère linguiste, d’Aix en Provence, a étudié l’étymologie de ce végétal. Il a percé des secrets d’amour à lui tout seul, en décrétant que sa substance devant stimuler toutes les fonctions sexuelles. En effet, cucurbitacée, un nom de famille qui contient deux culs, une bite et « assez », si ce n’est pas aphrodisiaque, il n’y a plus qu’à se flinguer.
Donc nous résumons : une citrouille peut contenir une princesse, ça nous le savons de Marseille, et qu’elle soit aphrodisiaque nous le sentons, de Provence.

Voilà enfin une fonction à ce légume stupide.

Pour Madame, si vous savez faire une soupe, vous n’aurez aucun problème. Il faut compter une centaine de kilos de citrouilles par personnes. Vous n’aurez qu’à y ajouter quelques dizaines de litres de GHB, la drogue des violeurs, mais qui convient aussi très bien aux violeuses. Attention, vous devrez préalablement consulter un cardiologue, les pros du blème n’engagent en aucun cas leur réputation parce qu’un baiser avec la langue, de une heure et demie, se termine en salle de réanimation de l’hôpital, par exemple.

Pour Monsieur, si vous étiez un adepte des Kinder surprises dans votre jeune âge, l’affaire est dans le sac, au propre, comme au figuré, pour autant que vous ayez pensé à ne pas oublier votre déguisement de prince charmant au pressing.

Petite astuce: Rien qu’en frappant l’objet d’un petit coup sec, on entend si ça résonne, et puisque les blondes ne raisonnent pas, on peut en déduire que la princesse ne sera pas blonde.

Il n'y a pas que le bruit, les couleurs aussi ont leur importance, par exemple celles là, à coup sûr c’est une Brésilienne, mais une fois sur deux c’est un travelot.




Celles là on distingue bien la couronne.





Il y en a de toutes les couleurs



et de toutes les formes




Attention à ce genre de specimens, à coup sûr la princesse est enceinte et vous risquez de vous retrouver sur la paille



Enfin nous vous fournissons en exclusivité des types de grains de peau qu’il vaut mieux éviter si on a pas pris le bon vaccin.


(remerciements à Astrid qui a mis sa collection à la disposition de blogpower, que sa gloire éclaire nos pas pour toujours :-) 

Pour les accros de questions pour un champion qui veut gagner des millions, quelques infos gratuites (à partir de cinquante ans, il vaut mieux zoomer pour lire) :


Voilà l'étrange histoire d'Halloween, nous vous donnons rendez-vous au prochain billet. Son titre: Loup yetu ? Texte qui mettra en scène un loup et un écolo, des moutons, un alpage et une bergère qui, paraît il, n'a pas encore vu le loup.

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